Ce qui s’écrit sur l’ennéagramme avant le vingtième siècle est très hypothétique : personne ne connaît véritablement les origines de l’ennéagramme et plusieurs sources sont évoquées.
Au 20ème siècle
A/ La question de Gurdjieff
Plusieurs auteurs font de George Ivanovitch Gurdjieff (1872(?) – 1949), l’inventeur ou le transmetteur de l’ennéagramme en occident au début du vingtième siècle. Né sur les bords de la Mer Noire, G. Gurdjieff est confronté à différentes religions et cultures. Il rêve d’associer la sagesse de l’Orient à celle de l’Occident et développe un enseignement ésotérique intégrant la figure en neuf points de l’ennéagramme. Arrivé en France en 1922, il fonde à Avon, près de Fontainebleau, l’Institut de Développement holistique de l’homme.
Si François Mauriac a dit de lui en 1954 : « M. Gurdjieff, l’homme qui avait rapporté d’Orient une méthode pour tuer le moi et pour redevenir soi-même… », d’autres considèrent Georges Gurdjief comme un redoutable manipulateur. En particulier les associations de prévention contre les phénomènes sectaires considèrent généralement les groupes qui se revendiquent de Gurdjief comme potentiellement dangereux. Ce qui rejaillit sur leur considération négative pour l’ennéagramme (voir ennéagramme et spiritualité).
B/ Oscar Ichazo et sa “descendance”
Né en 1931, ce fils de haut fonctionnaire bolivien a été initié très tôt à l’ennéagramme au cours de ses voyages au Moyen-Orient. Professeur en psychologie, il enseigne à l’Institut de psychologie appliquée de Santiago du Chili. Il retrouve la correspondance entre les neuf bases et les neuf passions.
En 1970, il organise un stage de onze mois à Arica (à la frontière entre le Chili et le Pérou) où viennent se former une cinquantaine de chercheurs du monde entier, dont Claudio Naranjo…
Médecin chilien, Claudio crée des équipes de recherche autour de l’ennéagramme. Il établit des liens entre les neuf bases et les pathologies décrites dans le DSM 4 (Diagnostic and statistical manual of mantal disorders. Manuel de référence des professionnels de santé mentale aux USA. 4ème édition en 1994).
Père jésuite, il participe, dès 1971, au groupe de travail de Naranjo à San Francisco. Il est particulièrement intéressé par des liens qui lui semblent évidents entre « les idées du centre mental supérieur » des points 3, 6 et 9 du triangle et les vertus théologales : la Foi, l’Espérance et la Charité ; ainsi que par le sens des flèches qu’il interprète en rapport avec les mouvements de consolation et de désolation décrits par Ignace de Loyola dans Les Exercices.
Il enseigne l’ennéagramme à l’Université Loyola de Chicago. A partir de l’enseignement de Bob Ochs, l’ennéagramme se développe dans les milieux chrétiens.
Docteur en psychologie, elle réside à San Francisco et participe depuis 1974 aux équipes de recherche de Claudio Naranjo.
Elle développe le système des panels qui avait été mis au point par Naranjo. Et elle monte avec David Daniels une formation de formateurs à l’Université de Stanford.
Trois étudiants de Bob Ochs : le père O’Leary, Maria Beesing et Robert Nogosek publient en 1984 le premier livre sur l’ennéagramme. Ichazo tente en vain de faire valoir ses droits d’auteur. C’est ainsi que l’ennéagramme est passé dans le domaine public.
Le livre est traduit en français en 1992 : « L’ennéagramme, un itinéraire de la vie intérieure » (Editions DDB).